« CAGOLE FOREVER » : on a regardé le doc et voilà ce qu’on en a pensé

Pour l’occasion, j’avais invité quelques amies à venir regarder le film avec moi. « Cagole Forever », Lalala Productions et rarement un teaser ne m’avait fait aussi envie.

J’étais surexcitée.

La « cagole »,  je crois que je connaissais le mot depuis toujours, cela dit je me souviens, il y a 5 ans, avoir été super choquée quand, à Marseille, j’ai découvert qu’une bière portait ce nom :

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Si je connaissais déjà le mot, je ne l’employais jamais. Dans ma tête, c’était vraiment un terme très vulgaire. Pas vulgaire comme dire « bonasse », non, plutôt vulgaire insultant en mode : « grosse salope », ou « pouffiasse » et alors, je me rappelle très bien avoir écarquillé les yeux comme ça :

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« Ils sont sérieux ? »

Sur place, on me dit que le mot pouvait être employé de façon presque amicale, comme un mot doux : « ma petite cagole » devenant alors un « ma petite salope »…
Mince alors, je n’arrivais pas à m’y faire (dans la mesure où je n’apprécie pas vraiment qu’on me traite de petite salope, non plus).

« Cagole Forever » était l’occasion de m’en dire plus. Que signifiait vraiment cette expression, quels en étaient les codes et est-ce que les femmes devaient s’en offusquer, ou non ?

Dans le documentaire, on découvre d’abord plusieurs portraits de Marseillaises.
Esthétiquement, elles mettent leurs formes en avant. Elles ont un amour inconditionné pour le strass, les hauts talons et les couleurs rosées. Les ongles sont « artnailés », c’est à dire qu’ils sont vernis de toutes les couleurs (on y ajoute parfois des bijoux autocollants) et font 8cm de long, quant aux cheveux, qu’ils soient noirs corbeau ou blonds platine, ils sont longs. Très longs.

En fait, je connais très bien ce look : je l’ai eu ainsi que chaque fillette ou jeune garçon de 8 ans qui essaye de s’habiller comme sa mère et qui finit par accumuler tous les codes de la féminité, à foison, et sur un minimum de peau.

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Incontestablement, la nostalgie de l’enfance joue un rôle très important dans la vie des ces femmes. Comme si leur corps venait de changer en une nuit et qu’il faisait d’elles des adultes. Le mettre en avant, au détours de décolletés plongeants, de mini-mini-jupes et de hauts talons reviendrait à dire :

« Vous voyez bien que je suis une grande personne maintenant, alors foutez-moi la paix. »

S’extirper de l’enfance, en laissant des indices qui disent que l’on en est sorti trop vite (et que tout tout tout au fond de soi, on le sait).

Et ce côté « femme libre », « indépendante », qui se fout du regard des autres, qui fait un doigt d’honneur à la société est rapidement expliqué dans le reportage : on nous dit qu’elles viennent (le plus souvent) de milieux sociaux défavorisés, de quartiers pauvres et que cette extravagance vestimentaire est une manière de s’émanciper de la tristesse de certains faubourgs.
En y ajoutant l’idée de la fête, elles soulignent alors une vision de ce qu’elles pensent être « la liberté » et s’offrent un boulevard qui mènent vers une certaine forme de succès.

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Cathy Guetta, reine la nuit, modèle cagolien ?

Je trouve cette partie du doc très intéressante, et sans vouloir faire du pathos, j’aurais eu envie de la comprendre davantage.
Entrer dans la vie de chacune de ces femmes, voir l’évolution de leur style, de leur vie avec des interventions de psy ou même d’écrivains, pourquoi pas, plutôt que d’avoir une linguiste qui m’explique que « cagole » vient du verbe « caguer » qui signifie en vieil Occitan  « déféquer ». La cagole serait donc une « chieuse ». Super. Moi aussi j’ai Wikipédia, hein.
Et la partie intéressante (selon moi, encore une fois) s’arrête là, quand le réalisateur décide d’aller découvrir la cagole au delà de Marseille. La cagole exotique, qui, bien évidemment, ne s’appelle plus, une cagole…

On est resté sur notre faim, comme on dit.
Le parallèle avec la mode et la haute-couture est toujours fascinant, même si un peu trop long ici. La partie internationale est une excuse pour envoyer l’équipe de tournage aux quatre coins du monde (qu’on ne me fasse pas croire le contraire), et ce qui était vraiment captivant, n’est finalement pas traité.

Voilà comment mes amis et moi avons vu ce documentaire.
Il passe sur Canal+ le 15 février à 22h50, et je vous encourage à le regarder et à nous dire (laissez un commentaire, sous le titre de l’article) , ce que vous en avez pensé !

En attendant, longue vie à toutes les cagoles !

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